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Estelle Schomann

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    Juridique du Lien Sponsorisé : Accor contre Overture

    Par Estelle Schomann :: 24/10/2007 à 12:22 :: Juridique des liens sponsorises

    Par Bertrand THORÉ


    Le groupe hôtelier Accor a obtenu gain de cause dans un litige provoqué par le système de référencement payant d'Overture. Bertrand Thoré, du Cabinet Alain Bensoussan, nous détaille cette décision.


    Les sociétés Overture Services et Overture ont fait appel de la décision du Tribunal de grande instance de Nanterre du 17 janvier 2005 (1) qui les avait condamné à payer 200 000 euros de dommages et intérêts à la société Accor pour contrefaçon de plusieurs de ses marques au travers de leur système de référencement payant sur Internet, utilisant ces marques à titre de mots clés.

    Les liens peuvent pointer vers des services "authentiques"…

    En première instance, Accor avait estimé ses préjudices à 46 millions d’euros. En appel, ses demandes de réparation se limitent à la somme de 2 millions d’euros, répartie en cinq préjudices de 400 000 euros chacun, invoqués au titre d’actes de contrefaçon, de publicité trompeuse, de parasitisme commercial, d’atteintes à sa dénomination sociale et à ses noms commerciaux.

    Les éléments justifiant l’existence, l’origine et l’étendue de ces cinq dommages d’un montant identique ne sont pas précisés dans la décision.

    Sur le fond, la Cour d’appel de Versailles (2) considère que l’usage d’une marque à titre de mot clé, constitue un acte de contrefaçon uniquement lorsque les liens commerciaux ne donnent pas accès à des "services authentiques" de la marque, (en l’espèce, des services de réservation pour les hôtels du groupe Accor, la société Accor n’en ayant pas le monopole) et lorsque cet usage a été fait dans l’intention d’en tirer indûment profit.

    …ce qui peut contribuer à compenser une partie des préjudices subis

    En conséquence, la décision analyse chaque procès verbal de constat produit par Accor pour déterminer si les liens sponsorisés proposaient l’accès à des "services authentiques" de chaque marque et, à défaut, s’il est prouvé que les liens ont été conçus pour tirer indûment profit de la notoriété de la marque.

    Cette analyse détaillée conduit la Cour à retenir la contrefaçon invoquée pour sept des quatorze marques en cause.

    Pour apprécier les préjudices, la Cour observe que la preuve d’un usage intensif des marques et des mots clés n’est pas rapportée et que tous les internautes qui consultent les liens incriminés n’effectuent pas une réservation dans un hôtel concurrent. La décision souligne en outre que plusieurs des liens en cause ont assuré la présentation et la promotion de services "authentiques" de la demanderesse, ce dont elle a bénéficié.

    Cependant, la Cour considère que les actes de contrefaçon ont nécessairement causé un affaiblissement du pouvoir distinctif des marques, une déperdition des investissements et une perte de chiffre d’affaires. Sans qualifier les dommages subis ni recourir à une évaluation chiffrée, comme dans les affaires précédentes, la Cour accorde à la société Accor une réparation de 140 000 euros et 20.000 euros au titre de l’article 700 du Nouveau code de procédure civile.

    L’analyse de l’impact dommageable des liens en cause s’affine au fil des décisions et cet arrêt de principe relève que le titulaire d’une marque, utilisée par des tiers à titre de mot clé pour des liens commerciaux, peut également en tirer un certain profit pour ses services authentiques.


    [1] TGI Nanterre, 17/01/2005, Accor c. Overture et Overture Services Inc., voir JTIT n°37.

    [2] CA Versailles 12eme ch., section 1, 2 novembre 2006, Accor c. Overture et Overture Services Inc

     

     

    Les Points essentiels :

     

    •  L'enjeu
    La preuve de la faute et des dommages doit être rapportée au cas par cas et elle ne suffit pas à démontrer l’étendue des préjudices.

    •  Le conseil
    Les constats établis sur des liens hypertexte doivent avoir une profondeur d’analyse suffisante.

    •  Le conseil
    Le défendeur doit toujours envisager ce dont la victime de la faute a pu tirer profit.

    •  Source
    Article paru dans la JTIT n°59/2006 p.8, reproduit avec l'aimable autorisation du cabinet Alain Bensoussan - Avocats

     

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